En 2003, j’ai 25 ans et suis maître d’armes depuis cinq années. Quelques résultats obtenus par mes élèves me font m’investir davantage dans l’escrime, je me passionne pour la première fois pour l’enseignement et la compétition, jusqu’à être envahi par l’escrime au point d’en être suffisamment déstabilisé pour écrire ce livre. Il décrit le quotidien du jeune maître que j’étais, pris dans la passion, les doutes, le questionnement et la remise en cause de ce qu’il a appris.

Hésitation

À l’époque, je fais lire mon manuscrit à plusieurs personnes qui me conseillent de le publier, mais j’hésite. Peur de l’accueil qu’on pourra faire de mes élucubrations rebelles, en particulier du côté de l’ancienne garde. A 25 ans, sans avoir obtenu le moindre résultat majeur, critiquer le système, c’est s’exposer à un retour de flammes : mais qui es-tu pour te permettre ? Ce texte restera donc finalement dans un tiroir jusqu’au mois de février 2019.

Je me trouve alors en réunion de travail sur un projet d’intervention relatif à la relation maître-élève. De l’eau a coulé sous les ponts. Après une reconversion au long cours, j’exerce la psychothérapie depuis plusieurs années ; j’écris également des articles sur l’escrime vu par la lorgnette psy qui sont appréciés du milieu. Je n’ai pas arrêté l’escrime, j’enseigne encore, mais à vitesse réduite. Lors de cette réunion, en écoutant ce qu’attendent mes interlocuteurs de mon éventuelle intervention, je me rends soudain compte qu’ils sont en train d’énumérer les points que j’évoquais dans ce texte presque oublié. Je propose de le leur soumettre pour lecture et inspiration éventuelle. Et alors que je le parcours avant de le leur expédier, je me dis que ce texte mériterait mieux qu’un tiroir.

Coup de pouce

Il faut encore une année de décantation pour que je me décide à le reprendre. Entre temps, j’ai refait connaissance avec Gérard Six et décide de lui soumettre le texte pour avis. Son retour est élogieux, plus que ça, son retour me fait penser qu’il a compris ce que je voulais dire. Certes, j’ai face à moi un littéraire, universitaire qui plus est, qu’en diront les autres ? Mais si Gérard a compris mon propos, alors il n’est pas interdit de penser qu’ils le pourront aussi, et qu’ils en apprécieront peut-être la lecture. Un pas de plus est franchi.

Ensuite, tout s’enchaîne, et alors que je reprends sérieusement le texte cette fois-ci, le confinement arrive à point nommé pour m’offrir les conditions les plus propices à sa conclusion. Après avoir longtemps hésité, je choisis l’auto-édition et trouve des partenaires pour m’aider à mener ce projet à son terme : la publication de mon premier livre.

PA